Kareen Maya Levy est cofondatrice de l’association Un Nouveau Cycle, qui forme des techniciens et techniciennes en maintenance préventive, afin de prolonger la vie de nos appareils électroménagers, en ménageant la planète et notre porte-monnaie.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Kareen Maya Levy , cofondatrice d'Un Nouveau Cycle .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 3 août 2026
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire bouger les lignes 0:09 au sein de leur entreprise. 0:11 Prévenir les pannes de nos appareils électroménagers peut non seulement préserver la planète 0:16 et notre porte-monnaie, mais aussi créer de l'emploi. 0:19 Karen Maïa Lévy. 0:20 Karen Maïa Lévy, je suis née à Paris et je suis la co-fondatrice d'Un Nouveau Cycle. 0:27 Alors Un Nouveau Cycle, qu'est-ce que c'est ? 0:29 Alors Un Nouveau Cycle, ça part d'un constat qui est qu'il y a 500 000 tonnes de produits 0:34 électroménagers qui sont jetés chaque année. 0:36 En France, ça fait beaucoup de déchets et beaucoup de déchets de matières qui ont 0:41 beaucoup de valeur. 0:42 Et 60% des pannes dans le gros électroménager sont dues à un mauvais usage ou à un mauvais 0:48 entretien. 0:49 Même si 80% des pannes pourraient être réparées, aujourd'hui il y a moins de 40% des produits 0:56 qui vont avoir la chance de rencontrer un réparateur parce que réparer, ce n'est 1:01 encore pas une habitude aujourd'hui. 1:03 Et puis il n'y a pas assez de réparateurs. 1:05 L'électroménager, ça parle à tout le monde, ça touche tout le monde et c'est un très 1:10 bon vecteur pour faire passer des messages et amener certains sujets. 1:14 On est parti de ces constats et on s'est dit qu'est-ce qu'on peut faire ? 1:18 Évidemment, c'est des sujets qui sont pris en considération par l'État. 1:21 On parle de la réparation dans la loi GEC, il y a un bonus réparation, il y a des 1:27 indices pour inciter les consommateurs à acheter des produits plus durables, plus réparés, 1:31 il y a tout ça, mais ça ne suffit pas. 1:32 Et l'idée est venue de se dire, si on agissait non pas au niveau global, mais au niveau du 1:38 territoire, donc partir vraiment du local et finalement ne pas se positionner une fois 1:46 que la panne est arrivée, mais travailler avant la panne pour essayer de l'éviter. 1:51 En positionnant tous ces éléments, on change complètement de paradigme et donc on a décidé 1:56 de créer un nouveau cycle dont la mission, c'est de faire changer les comportements, 2:02 en tout cas, tout faire pour prolonger la durée de vie des équipements électroménagers 2:06 dans les foyers. 2:07 Mais pour faire ça, il n'y a pas assez de réparateurs en France aujourd'hui, donc 2:11 on va parler avant la panne, on va parler maintenant préventif pour éviter les pannes 2:16 et on ne peut pas demander aux réparateurs de se charger de ce sujet parce qu'ils ont 2:20 déjà plein de travail, ils ne sont déjà pas assez nombreux. 2:23 Donc, on s'est dit, OK, donc il faut aussi appréhender le sujet de qui va rendre ce 2:30 service, comment on va développer ce service et comment on va permettre aux utilisateurs 2:35 chez eux, qui va les aider à mieux utiliser, à mieux entretenir leurs équipements pour 2:41 les faire durer plus longtemps. 2:42 Cette approche et ce besoin et ce manque de réparateurs nous a amenés du volet environnemental 2:49 à un volet social et donc se dire, on va en profiter pour former des gens qui sont 2:55 éloignés de l'emploi à ce nouveau métier qui n'existait pas de technicien ou technicienne 3:01 en maintenance préventive. 3:02 Alors, auprès de qui intervenez-vous ? Est-ce que vous avez des publics phares ? Est-ce 3:07 que vous donnez ça à tout le monde ? Comment on vous contacte ? Dans quel sens ça va fonctionner 3:11 ? 3:12 Alors, au niveau du territoire, toujours dans la même réflexion, à qui ça va être utile, 3:18 à qui ça peut être le plus utile, à qui ça peut le plus servir ? On s'est rendu 3:21 compte que faire durer son électroménager, ça a aussi un impact en termes de pouvoir 3:26 d'achat. 3:27 L'ADEME évalue à plus de 600 euros par an le fait de prolonger la durée de vie de 3:32 ses équipements. 3:33 Donc, le plus logique, le plus cohérent, c'est de destiner ce service à des personnes 3:39 pour qui l'impact en termes de pouvoir d'achat serait le plus utile. 3:43 Et donc, on a choisi nos territoires d'implantation en travaillant plutôt sur les quartiers qui 3:50 sont prioritaires ou politiques de la ville et d'adresser notre service aux locataires 3:56 du parc social en général. 3:58 Donc, d'abord de cibler le service auprès des locataires du parc social, mais aussi, 4:04 c'est le bon moyen de travailler aussi sur la partie emploi et pour trouver nos techniciens 4:11 et nos techniciennes en maintenance préventive. 4:13 On s'est dit, on va aller chercher des personnes qui sont éloignées de l'emploi et on va 4:16 aussi peut-être plus facilement les trouver dans ces quartiers et leur apporter une légitimité. 4:22 Et ce qu'on a observé, c'est que quand on n'est pas formé, on ne va pas directement 4:29 vers un métier technique. 4:30 Il faut une certaine formation, il faut une certaine confiance pour aller dans un métier 4:35 technique. 4:36 Et nous, on s'est dit, en fait, ce métier technique de technicien ou technicienne en 4:38 maintenance préventive, il doit être abordable et accessible. 4:42 Il va nous servir aussi à promouvoir les métiers de la réparation. 4:47 Et donc, les publics qu'on vise pour la partie formation, ce sont des publics éloignés 4:53 de l'emploi et on va cibler plus particulièrement des jeunes qui sont en quête de sens, qui 5:00 n'iraient pas spontanément vers les formations à la réparation, qui peuvent les effrayer, 5:04 sur lesquelles ils peuvent se dire, je ne suis pas légitime. 5:07 Donc, on va aller chercher ces jeunes. 5:08 On va aller chercher des femmes à qui, après des discussions avec Transtravail, on voit 5:13 bien qu'on ne propose pas forcément des métiers techniques. 5:16 Et puis, on va aller chercher aussi des jeunes seniors qui seraient sortis un petit peu trop 5:21 tôt de l'emploi par rapport à l'âge de la retraite et qui pourraient tout à fait 5:24 s'épanouir dans un métier qui est à la fois un métier de service et un métier technique. 5:28 Donc, on vise vraiment ces trois publics, trois publics très différents, plutôt habitants 5:33 des quartiers prioritaires de la politique de la ville. 5:37 On va aller les rencontrer, on va aller promouvoir le métier technique et la formation en 5:43 maintenance préventive. 5:44 Ensuite, on va les former et avec eux, on va déployer un service de maintenance 5:50 préventive auprès des habitants du parc social. 5:53 Tout ça dans un écosystème qui est à l'échelle territoriale. 5:58 Vous en avez donné beaucoup de pistes déjà, mais en quoi est-ce que vous faites 6:02 spécifiquement ? 6:03 Changez les choses, vous bougez les lignes, changez le quotidien de plein de gens. 6:07 Et puis, permet peut-être aussi de faire monter des sujets à plus grande échelle dans la 6:12 société. 6:13 Alors, le premier point pour faire bouger les choses dans la société, je vais déjà 6:18 parler de notre modèle de développement et notre modèle économique, qui est un modèle 6:23 basé sur l'économie de la fonctionnalité et de la coopération. 6:26 Parce que nous, on n'est pas arrivé en disant tout ce qu'on peut faire, on va le faire tout 6:29 seul. On arrive sur le territoire en se disant tout ce qu'on va faire, on va le faire avec 6:35 des acteurs qui sont déjà présents sur le territoire. 6:38 Et c'est en coopérant ensemble, on va pouvoir faire émerger un service qui va changer la 6:44 vie des habitants et qui, à terme, va faire évoluer beaucoup de choses. 6:48 Donc, la coopération est hyper importante et cette coopération, elle s'engage avec des 6:54 associations ou des structures d'insertion qui sont présentes sur les territoires. 6:59 On travaille notamment avec des entreprises à but d'emploi qui sont développées sur les 7:04 territoires de l'expérimentation zéro chômeur de longue durée. 7:08 Donc, des structures de l'emploi, des structures de l'insertion. 7:10 On travaille avec les bailleurs, on travaille avec les collectivités. 7:15 On a pour objectif aussi de travailler avec les réparateurs parce qu'on va dans le même 7:19 sens. L'objectif, c'est de ne plus créer de déchets et puis de faire réparer les produits 7:24 en cas de panne. On discute aussi avec les éco-organismes qui, eux, parlent déchet et 7:29 parlent reconditionnement et réutilisation. 7:32 En fait, on construit un écosystème d'acteurs, mais en partant vraiment du territoire et 7:38 c'est comme ça qu'on va avoir de la puissance et c'est comme ça qu'on va changer la vie des 7:42 gens. Et ensuite, la formation des techniciens et des techniciennes et le service change 7:48 beaucoup la donne. Au niveau de la formation, c'est un axe pour légitimer des gens et amener 7:54 des gens sur des métiers techniques et des métiers de contact, des métiers sur lesquels 7:58 ils ne seraient pas allés. Donc, là, sur la formation, on change la vue et la vie des 8:03 gens qu'on va former parce qu'en fait, on leur offre de nouvelles perspectives. Sur le 8:07 service, c'est intéressant parce qu'on va chez les gens. Donc, en fait, on crée du lien, 8:14 on crée une rencontre, on leur parle de ce qu'ils utilisent tous les jours, de leurs 8:17 équipements et on leur donne des conseils et ces conseils vont changer aussi leur relation 8:24 à leurs produits. Et c'est en ça que ça devient intéressant, c'est qu'on va parler 8:28 du produit, comment le faire durer, comment mieux l'utiliser, mais aussi on va parler 8:33 de la panne qui pourra arriver, même parce qu'il y a de l'usure et qu'est-ce qu'on fait 8:37 en cas de panne. Et donc, on va pouvoir aborder les questions qui sont liées aux ressources, 8:43 à la diminution des ressources. On va pouvoir aborder les questions qui sont liées à l'énergie, 8:47 à la consommation, comment réduire sa consommation. On va pouvoir aborder les questions qui sont 8:51 liées aux déchets. Et c'est en ça que de ce service, en fait, on va générer des externalités 8:58 positives dans plein, plein de domaines. 9:07 Karen Maïa Lévy, vous êtes cofondatrice de l'association À Nouveau Cycle. 9:11 16 ans, c'est l'âge en France pour créer son entreprise. 9:13 Voix 16 ans, que faisiez-vous ? Est-ce que vous aviez déjà dans l'idée de créer une association, 9:17 une entreprise ? Est-ce que vous répariez déjà ce que vous ne supportiez pas ? 9:22 Le gaspillage, qu'on jette les choses ? 9:23 Alors, en fait, non. Rien de tout ça. À 16 ans, j'ai été, je pense, pas très responsable. 9:31 Et surtout, ce n'était pas la même époque. Ce que je trouve plus intéressant, finalement, 9:36 c'est les 16 ans de mes enfants, que je trouve beaucoup plus impliqués dans la société. 9:42 Et ils ont la possibilité. Moi, je n'avais pas de sentiments à leur âge, mais je vois comment 9:47 ils réagissent. Aujourd'hui, ils ont la possibilité de s'engager dans des associations. 9:52 Alors, l'idée, ce n'est pas forcément de créer une entreprise, ni de s'investir forcément au niveau 9:57 professionnel, mais déjà de construire des engagements forts. C'est ça qui m'inspire. 10:03 C'est mes enfants, c'est aussi tous les jeunes autour de moi qui font face à des enjeux qui sont 10:10 difficiles et puis un avenir qui paraît plus compliqué que celui que j'avais en perspective à leur âge 10:16 et qui ont une puissance de résilience et puis d'engagement que je trouve formidable et très 10:23 inspirant. Merci à Karen Maïa Lévy, cofondatrice d'un nouveau cycle. Vous pouvez retrouver ce 10:29 podcast sur notre site impact.info. C'était Impact.info, entreprendre autrement. Intégrer cette interview sur votre site
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