Valérie Dumesny est la directrice générale de Locaverre - Ma Bouteille s'appelle Reviens, une société coopérative d'intérêt collectif, qui œuvre dans le secteur de l'économie circulaire et plus particulièrement du réemploi de contenants en verre en Drôme-Ardèche.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Valérie Dumesny , la directrice générale de Locaverre - Ma Bouteille s'appelle Reviens.
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 7 août 2026
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Le réemploi des contenants en verre reste marginal en France, alors qu'il pourrait avoir un impact environnemental majeur. 0:07 Privilégier le verre au plastique, ça marche. 0:10 Ça a permis d'économiser 70 000 douches. 0:12 On en est aujourd'hui à plus de 4 000 économies de tonnes de CO2 aussi. 0:16 Voilà, ça correspond à 400 fois le tour de la Terre en voiture thermique. 0:21 Impact.info, entreprendre autrement. 0:26 Et si on se remettait à la consigne, on en parle dans le podcast de celles et ceux 0:31 qui veulent faire bouger les lignes au sein de leur entreprise, Valérie Duméni. 0:36 Valérie Duméni, je suis née le 27 juillet 1983 à Saint-Germain-en-Laye dans les Idelines. 0:42 Je suis directrice générale de L'eau qu'a vert, ma bouteille s'appelle Revient. 0:45 L'eau qu'a vert, ma bouteille s'appelle Revient. Qu'est-ce que c'est ? Que faites-vous ? 0:49 L'eau qu'a vert, ma bouteille s'appelle Revient est une société coopérative d'intérêts collectifs, 0:53 une SIC, qui oeuvre dans le secteur de l'économie circulaire 0:57 et plus particulièrement du réemploi de contenants en verre. 1:01 Donc concrètement, notre cœur de métier, c'est de laver des contenants en verre, 1:05 principalement des bouteilles de vin, de jus, de bière, de kombucha, de lait aussi également. 1:12 Et quelques pots et bocaux. 1:14 On détient une usine de lavage qui est basée à Chabeuil dans la Drôme 1:18 et qui est une véritable usine industrielle où on a des bouteilles sales qui arrivent chez nous. 1:24 On les lave et puis ensuite on les renvoie aux producteurs et aux metteurs en marché 1:28 pour remettre du liquide dans ces bouteilles. 1:30 C'est une filière qui a complètement disparu du paysage économique 1:37 depuis l'arrivée du plastique en France, ça fait déjà un petit moment. 1:41 L'eau qu'a vert qui s'est créée en 2007 a permis de réinstaller toute une filière 1:47 parce qu'effectivement, il y a ce lavage dont on en a fait vraiment notre cœur de métier. 1:50 Ce n'est qu'une partie de la chaîne de ce métier-là, 1:54 dans le sens où les principaux acteurs, c'est les metteurs en marché, 1:58 donc c'est les producteurs en fait, qui aujourd'hui mettent des bouteilles en verre sur le marché 2:04 qui vont se casser dans les colonnes de tri. 2:08 Donc nous, notre autre métier, c'est aussi d'accompagner ces metteurs en marché 2:11 pour faciliter la mise en place de contenants en verre réemployables dans leur gamme 2:17 et pouvoir bénéficier du logo réemploi qui se met sur les étiquettes 2:21 et qui permet aux consommateurs de savoir qu'une bouteille est réemployable ou qu'une bouteille ne l'est pas. 2:27 Et puis ensuite, il y a le maillage territorial de points de collecte 2:31 pour pouvoir ramener ces contenants en verre. 2:33 On a développé des points de collecte en Dromardèche 2:37 et on collecte sur ce territoire-là particulièrement. 2:40 Donc là, c'est aussi un accompagnement des magasins. 2:42 Donc on a les magasins de producteurs, les magasins bio type La Vie Claire, Biocoop, etc. 2:47 Et puis petit à petit, maintenant, se mettent les grandes surfaces au travail 2:51 avec Super U, Intermarché, Auchan, etc. 2:55 Et donc ces points de collecte, c'est aussi des lieux de visibilité pour les consommateurs 2:59 qui permettent d'augmenter un petit peu les volumes. 3:02 Il y a des systèmes qui permettent de limiter aussi l'utilisation de l'eau au moment du lavage ? 3:08 Oui, alors forcément, on dépense de l'énergie, 3:12 mais beaucoup moins que pour fabriquer une bouteille neuve. 3:15 Et là, c'est assez intéressant parce que les bénéfices environnementaux ont été modélisés par l'ADEME, 3:20 qui démontre tous les effets positifs d'une bouteille réemployable. 3:24 Pour fabriquer une bouteille en verre neuf, il faut à peu près 75 cl d'eau. 3:28 Quand nous, on en utilise 33 pour la laver. 3:31 Du coup, on laisse tremper la bouteille pour décoller l'étiquette 3:34 beaucoup moins longtemps que la fabrication d'un verre neuf. 3:37 Et ensuite, on a un système de recyclage interne d'eau 3:40 qui fait qu'on rince les bouteilles avec de l'eau déjà utilisée 3:44 pour, bien sûr, une finée rincée avec de l'eau propre. 3:46 Mais voilà, pour créer une bouteille neuve, il faut chauffer un four à plus de 400 degrés 3:51 pendant plus de 24 heures. 3:53 Nous, on chauffe l'eau à 80 degrés et la bouteille trempe pendant 20 minutes 3:58 pour décoller les étiquettes, enlever aussi les traces qu'il pourrait y avoir à l'intérieur alimentaire. 4:03 Et après, pour donner un peu plus de chiffres globaux sur l'impact écologique 4:07 et on parle du coup de tonnes de déchets évités. 4:10 Par exemple, en 2024, on a lavé 1,3 million de bouteilles. 4:14 Ça nous a permis d'éviter 678 tonnes, 4:18 ce qui correspond à 1 300 personnes qui cumulent des déchets par an. 4:23 On a lavé depuis la création de la structure et de son unité de lavage plus de 4 millions de bouteilles. 4:28 On en vient à la consommation de déchets de 5 200 personnes par an. 4:32 A noter qu'aussi, c'est une économie pour la collectivité locale 4:35 parce que le tri, ça lui coûte. 4:37 Et ensuite, sur l'économie d'eau, on estime que depuis ces 4 millions de bouteilles lavées, 4:43 ça a permis d'économiser 70 000 douches. 4:45 Aujourd'hui, il y a plus de 4 000 économies de tonnes de CO2 aussi. 4:50 Ça correspond à 400 fois le tour de la Terre en voiture thermique. 4:54 En quoi, selon vous, ce que vous faites, vos actions font bouger les lignes, 4:57 changent les choses pour les personnes directement impliquées ? 5:00 Et puis, à plus grande échelle aussi, sur ce sujet du réemploi ? 5:04 Alors déjà, ça fait bouger les lignes sur l'environnement. 5:06 Clairement, les économies qu'on fait en termes de CO2, de déchets, d'eau, 5:11 enfin bref, d'utilisation de ressources naturelles, répondent aux enjeux cruciaux d'aujourd'hui. 5:18 Ensuite, par le principe coopératif, mais aussi sur le maillage territorial, 5:23 en fait, on face la rencontre des personnes. 5:26 On met en avant les producteurs locaux 5:27 et ça, du coup, ça participe à des dynamiques de relocalisation de l'économie locale. 5:33 Et enfin, on développe des partenariats à l'échelle régionale et aussi nationale, 5:39 bien sûr, avec les metteurs au marché, mais aussi les structures comme la nôtre, 5:44 qui lavent, qui collectent, qui trient, etc., 5:47 pour recréer de manière durable et forte cette filière sur le pays. 5:53 On s'inspire aussi des modèles outre notre territoire, 5:57 notamment en Allemagne, la Concile ne s'est jamais arrêtée, 6:00 et aussi en Alsace. 6:01 Nos confrères alsaciens gardent, bien sûr, ce système-là qui fonctionne très bien 6:06 et les habitudes sont clairement ancrées et ne sont pas un débat. 6:10 Les prochains challenges à relever, quels sont-ils ? 6:12 Les prochains challenges très court terme, du coup, de notre structure, 6:16 ils concernent à la fois la structure et à la fois les consommateurs. 6:20 On est, comme je disais, une société coopérative avec des parts de capital. 6:24 On démarre une levée de fonds pour pouvoir investir 6:28 dans des outils de production plus adaptés au marché 6:32 et permettre d'augmenter aussi la qualité de notre production. 6:35 Aujourd'hui, toute personne intéressée pour entrer en tant que sociétaire 6:39 dans notre structure est la bienvenue. 6:41 Nos parts de capital sont à 100 euros, elles sont déductibles de 25% des impôts 6:46 et peuvent nous permettre, par des petits gestes citoyens, 6:50 de nous faire avancer grandement et de répondre aux enjeux du secteur. 6:56 Et puis ensuite, un autre challenge qui est commun, là, plutôt au secteur, 7:00 c'est que les citoyens ramènent leurs bouteilles. 7:03 Donc là, je profite de cette audience pour faire passer ce message fort. 7:09 N'hésitez pas, chers citoyens, à regarder sur chaque bouteille que vous consommez, 7:14 si le logo Réemploi est présent, et ramenez vos bouteilles. 7:18 Nous, on prévoit de laver 2 millions de bouteilles en 2025, 7:22 d'en laver 10 millions en 2030, et ça passera par tout un tas de possibilités, 7:29 mais aussi que le citoyen accepte de faire ce geste important pour l'écologie. 7:39 Valérie Duméni, vous êtes directrice générale de l'OCAVER, 7:42 Ma Bouteille s'appelle, revient. 7:44 16 ans, c'est l'agent France pour créer son entreprise. 7:46 Vous, à 16 ans, que faisiez-vous ? 7:48 À quoi vous destinez-vous ? Qu'est-ce qui vous enthousiasmait ? 7:51 Est-ce que vous pensiez créer une entreprise ? 7:53 Est-ce que vous portiez déjà ce genre de sujet ? 7:55 À 16 ans, je ne pense pas que je m'étais posé la question 7:58 de si j'allais diriger, créer, reprendre ou développer une activité. 8:04 Ce que je voulais dès mon plus jeune âge, c'était participer à changer le monde. 8:09 J'ai toujours été hyper attachée à l'impact de nos actions, à la solidarité. 8:17 J'ai vraiment grandi avec cette intention-là, 8:20 que mon travail puisse servir à améliorer le monde dans lequel on vivait. 8:25 Évidemment, les premières années d'expérience professionnelle 8:29 m'ont montré que je n'arriverais pas à changer le monde. 8:31 J'ai démarré en travaillant dans des pays africains et en Amérique latine, 8:36 sur des projets plutôt de développement type commerce équitable, multi-crédit, etc. 8:41 Mais que finalement, travailler dans un secteur à forte value sociale et environnementale 8:46 me permettait de mettre une pierre à l'édifice 8:48 et de ne pas empirer la situation dans laquelle on évoluait. 8:53 J'ai réussi à travailler, depuis que j'ai commencé à travailler, 8:55 que dans des secteurs de l'économie sociale et solidaire. 8:58 Et aujourd'hui, ma bouteille s'appelle Reviens rentre totalement dans ce cadre-là, 9:04 avec un impact encore plus fort sur la résilience des territoires, 9:09 le développement durable, etc. 9:11 Et je suis persuadée que ça participe à aller dans le sens qu'on nous impose de fait, 9:17 qui est de ne plus détruire la terre dans laquelle on vit, 9:21 de ne plus être en concurrence permanente, etc. 9:24 Et de faire ensemble, et de faire aussi en fonction de la réalité. 9:28 C'est-à-dire qu'on a des solutions qui existent 9:30 et qui sont beaucoup plus adaptées au monde d'aujourd'hui. 9:33 Il faut du courage, il faut de l'énergie, etc. 9:35 Mais ces solutions sont possibles. 9:38 Et ma bouteille s'appelle Reviens est un parfait exemple, 9:40 parce que depuis huit ans, c'est une structure qui grandit petit à petit, 9:43 qui renforce sa capacité à produire, etc. 9:47 et qui peut répondre aujourd'hui aux enjeux des prochaines années sur ce secteur d'activité. 9:52 Merci Valérie Duméni, directrice générale de l'OCAVER. 9:56 Ma bouteille s'appelle Reviens. 9:57 Vous pouvez réécouter ce podcast sur notre site impact.info. Intégrer cette interview sur votre site
Affichez ce lecteur directement sur votre site pour partager l'interview avec votre audience.
Copier le code d'intégration Voir le code généré
Collez ce code dans un bloc HTML/code de votre site : « HTML personnalisé » sur WordPress, « Intégrer du code » sur Wix, bloc « Code » sur Squarespace.