Guy Pezaku est le président et cofondateur de Murfy, entreprise de réparation d'électroménager lancée en 2018. Aujourd’hui également d’installation et de maintenance de panneaux photovoltaïques, mais aussi de systèmes de chauffage type pompe à chaleur.
A l’occasion de la pause estivale, les équipes d’impact.info vous proposent de (ré) écouter l’un de nos épisodes publiés cette année.
Il s’agit de la mise en lumière du témoignage de Guy Pezaku , cofondateur et président de Murfy .
Bonne écoute !
Florence Jaillet
Journaliste impact.info
Publié le 5 août 2026
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 La réparation s'inscrit désormais dans les habitudes des Français. 0:04 Nous sommes 2 sur 3 à avoir réparé ou fait réparer un objet dans les 6 derniers mois, 0:09 prolongeant ainsi sa durée de vie. 0:11 Le meilleur frigo, c'est celui qui est dans notre cuisine. 0:14 C'est sûr que la solution la moins chère quand on a une panne, c'est de réparer. 0:19 On arrive à réparer les appareils dans 83% des cas 0:22 et dans 1 cas sur 2, on les répare sans changer de pièce. 0:30 Et si le meilleur équipement était celui que l'on avait déjà ? 0:33 On vous parle du grand retour de la réparation en France, 0:37 qui préserve la planète et notre pouvoir d'achat tout en créant de l'emploi, 0:42 dans ce nouvel épisode du podcast de celles et ceux 0:45 qui veulent faire bouger les lignes au sein de leur entreprise, Guy Pesacou. 0:50 Je m'appelle Guy Pesacou, je suis né en 92 à Bordeaux, 0:55 donc j'ai 33 ans et je suis président et cofondateur de Murphy. 0:59 Alors Murphy, qu'est-ce que c'est ? 1:01 Murphy, c'est une entreprise d'abord de réparation d'électroménagers 1:05 qu'on a lancée en 2018. 1:07 Au début, on avait envie de résoudre le problème de la surconsommation d'électroménagers, 1:11 donc on s'est réunis avec mes quatre autres cofondateurs 1:15 pour construire un service de réparation qui soit efficace partout en France, 1:20 avec des techniciens salariés. 1:21 On était sur un marché où il y a une pédiurie de main d'oeuvre, 1:24 donc on a créé une filiale qui est l'organisme de formation 1:27 et qui nous permet aujourd'hui, pour quasiment 60% des Français, 1:31 de pouvoir envoyer un technicien chez vous en 24 heures 1:35 pour réparer votre électroménager, donc la pluinge, la vaisselle, 1:38 le sèche-linge, tous les gros produits de la maison. 1:40 Et depuis une grosse année maintenant, 1:43 on est devenu le leader de la réparation d'électroménagers hors garantie en France 1:49 et on se demandait comment est-ce qu'on pouvait aller plus loin 1:51 dans notre mission sociale et environnementale. 1:54 Et donc, on a lancé des activités autour de l'énergie de la maison, 1:59 dans l'installation et la maintenance de panneaux photovoltaïques, 2:03 mais aussi de systèmes de chauffage type pompe à chaleur. 2:06 On se rend compte que les gros vecteurs à la fois de consommation pour les ménages, 2:12 c'est la consommation énergétique, mais aussi, 2:15 on émet beaucoup de CO2 à travers notamment les énergies fossiles 2:19 qu'on brûle pour se chauffer ou pour se déplacer en voiture. 2:22 Et donc, on avait envie d'accompagner la transition énergétique des Français 2:25 en proposant des équipements de qualité installés par des techniciens locaux qualifiés 2:30 et surtout que ce soit des équipements qu'on puisse maintenir et réparer dans le temps 2:34 pour faire en sorte qu'ils durent évidemment le plus longtemps possible, 2:37 ce qui est notre mission depuis la création de la société. 2:40 Et une volonté de rendre les gens plus autonomes, 2:44 de reprendre le pouvoir un petit peu sur ce qui les entoure ? 2:47 La transition énergétique et l'économie circulaire, 2:51 effectivement, l'enjeu, c'est déjà d'utiliser le plus longtemps possible 2:55 tous les équipements qu'on a à la maison 2:56 parce que le meilleur frigo, c'est celui qui est dans notre cuisine. 3:01 Et donc, c'est sûr que la solution la moins chère quand on a une panne, c'est de réparer. 3:05 On arrive à réparer les appareils dans plus de 83% des cas 3:08 et dans un cas sur deux, on les répare sans changer de pièce. 3:11 Et après, la France, malheureusement, on n'a pas d'énergie fossile sur notre territoire. 3:17 Donc, on importe du pétrole et du gaz qui viennent de l'autre bout du monde et de pays 3:21 qui ne sont pas forcément des pays amis. 3:23 Donc, c'est à la fois une question de souveraineté pour la France d'électrifier nos usages 3:28 pour ne pas être dépendant de ces pays-là. 3:30 Et puis, en plus de ça, pour les Français qui ont en tout cas la possibilité 3:34 d'installer des systèmes photovoltaïques, c'est de l'autonomie et surtout, ça coûte moins cher. 3:39 Parce qu'en fait, quand on pose des panneaux solaires sur son toit, 3:42 on n'a pas besoin de payer le foncier de la centrale 3:46 parce que notre toit était déjà là. 3:48 On ne paye pas le réseau pour acheminer l'électricité jusqu'à chez nous. 3:51 On ne paye pas l'ATGA sur l'électricité qu'on produit. 3:54 On ne paye pas le gestionnaire du contrat. 3:57 Donc, ça, ça fait que l'énergie électrique qui est produite 4:00 va coûter en moyenne entre 70 ou 80 % de moins cher 4:05 en fonction d'où on habite par rapport à ce qu'on achète sur le réseau. 4:07 Donc, c'est une question à la fois de souveraineté française, d'autonomie des ménages. 4:12 Et ça permet de limiter notre empreinte environnementale 4:14 en limitant nos émissions de CO2. 4:18 Est-ce qu'on a une idée de ce qu'on va économiser 4:21 en réparant nos appareils électroménagers, 4:23 d'appareils qui ne font pas être produits ? 4:25 Alors, financièrement, déjà, le panier moyen d'un appareil électroménager, 4:29 c'est à peu près 450 €. 4:32 Et une réparation en moyenne, nos clients vont payer à peu près 110 € 4:37 et ça va fonctionner dans 83 % des cas. 4:39 Et ça s'est permis notamment grâce au bonus réparation, 4:42 qui est une aide qui aide les Français à réparer. 4:44 Et ensuite, en termes d'empreintes environnementales, 4:47 la dame a sorti de supers études là-dessus. 4:49 La production d'un lave-linge, c'est à peu près 300 kg de CO2 4:54 qui ont servi à le fabriquer. 4:56 C'est pour beaucoup toute la phase d'extraction de matière, 5:00 de transformation, d'assemblage et un petit peu la distribution. 5:04 Et donc, nous, on a fait un bilan carbone et une réparation en moyenne, 5:07 c'est 12 kg de CO2 émis. 5:08 Donc, c'est significativement plus efficace à la fois pour la planète 5:13 et aussi pour notre portefeuille de réparer plutôt que de remplacer. 5:16 En quoi, selon vous, ce que vous avez mis en place via Murphy 5:20 va faire bouger les lignes, va changer les choses, 5:23 soit pour les personnes, pour les particuliers 5:25 avec lesquels vous collaborez et à plus grande échelle également ? 5:30 Murphy, déjà, on n'est pas tout seul 5:32 parce qu'on fait partie de tout un mouvement d'entreprises 5:35 qui essaient de faire bouger les choses. 5:37 Finalement, c'est la somme de tous les efforts collectifs 5:39 qui créent du changement. 5:40 Mais je pense que nos grandes forces, 5:42 c'est qu'on a réussi à rendre la réparation d'électroménager 5:48 intéressante et séduisante pour les Français 5:52 et aussi pour nos salariés qui sont fiers de faire ce métier-là. 5:55 Je pense que nous, quand on a démarré en 2018, 5:57 et qu'on a expliqué à nos parents qu'on allait devenir 5:59 un réparateur électroménager après toutes les études qu'on avait faites, 6:02 ils ne comprenaient pas pourquoi on allait devenir d'un coup des arnaqueurs. 6:06 La perception que les Français avaient des réparateurs en 2018, 6:09 c'est vraisemblablement à peu près la même 6:11 que celle des serruriers encore aujourd'hui. 6:13 Déjà, de faire en sorte qu'à la fois nos clients 6:16 soient fiers de faire appel à nous et nos salariés aussi, 6:18 ça, ça a été un long chemin. 6:21 Je ne suis pas tout seul à y avoir contribué, 6:22 mais en tout cas, on peut dire qu'aujourd'hui, 6:25 on est fiers de ce qu'on fait. 6:26 C'est ce qui motive aussi toutes les équipes. 6:30 Chaque jour, quand vous habitez en banlieue de Toulouse, 6:33 vous êtes technicien de Murphy et que vous vous levez le matin, 6:35 vous faites toutes vos interventions et que chez chaque client, 6:38 chez qui vous allez, vous allez avoir le même soin 6:41 et la même envie de rendre vraiment service 6:43 pour créer quelque chose de positif. 6:45 Tout ça, ça s'organise. 6:46 Je pense que c'est une de nos grandes forces. 6:48 Ensuite, on est dans un secteur où ça fait 30 ans 6:53 qu'on explique à nos jeunes que le progrès, 6:55 c'est d'acheter des produits pas chers, 6:58 fabricables au bout du monde. 6:59 Et donc, on a arrêté de se former aux métiers techniques, 7:02 que ce soit technicien électroménager ou installateur de photovoltaïque 7:06 ou mainteneur de pompe à chaleur. 7:08 Développer ce genre de compétences dans les territoires, 7:11 c'est un enjeu stratégique pour la France. 7:13 Et donc, en 2021, on a créé Murphy Academy, 7:15 qui est notre filiale, organisme de formation. 7:17 On a formé depuis 2021, 350 techniciens dans les territoires. 7:22 Et ça, c'est, je pense, un des trucs qui nous rend aujourd'hui le plus fiers 7:26 parce que Murphy, on est connu pour notre impact écologique. 7:31 C'est ce que voient les clients en disant qu'on est une entreprise 7:34 qui se bat pour rallonger la durée de vie des équipements 7:38 et électrifier nos usages. 7:39 Mais on est finalement les salariés qui restent. 7:42 Et ce qui les rend, je pense, le plus fiers, c'est notre impact social, 7:45 puisque on forme quasi exclusivement tous les techniciens qu'on recrute 7:49 en reconversion professionnelle. 7:50 Donc, c'est des personnes qui ont entre 30 et 40 ans, 7:53 qui ont déjà eu une première carrière avant 7:55 et qui, parfois même, sont assez éloignées de l'emploi, 7:58 n'envisagent plus du tout l'entreprise comme un lieu d'épanouissement 8:01 et de développement personnel et qui réussissent à retrouver une ambition, 8:06 de vouloir faire du bon travail et du sens, finalement, 8:10 dans leur rôle dans la société. 8:16 Guy Pézacou, vous êtes président et cofondateur de Murphy. 8:19 La saison, c'est l'âge en France pour créer son entreprise. 8:22 Voix de saison, que faisiez-vous ? 8:24 Qu'envisagez-vous pour votre futur ? Est-ce que vous répariez déjà ? 8:28 À 16 ans, je n'avais pas encore conscience 8:30 de tous les enjeux du changement climatique 8:36 et aussi des enjeux de souveraineté de la France. 8:39 Donc, à cette époque-là, j'étais jeune et insouciant. 8:42 Par contre, j'ai toujours fait tous les petits jobs de la terre. 8:46 J'ai été jardinier, prof de tennis, 8:50 j'ai fait du ménage et de l'entretien de piscine, 8:53 plein de petits jobs manuels. 8:56 Malgré, je pense que j'ai fait plein d'études 8:59 et j'ai toujours été attiré par ces jobs-là, 9:01 en trouvant qu'il y avait quelque chose de noble et de passionnant 9:04 dans le fait d'avoir un vrai impact dans le quotidien des clients. 9:09 Et donc, j'ai toujours été attiré, je pense, 9:11 par des métiers opérationnels de terrain 9:13 ou au contact des clients et des métiers de service. 9:15 En fait, finalement, on s'est d'abord lancé 9:18 en se disant qu'on voulait rendre service aux gens. 9:20 Et ensuite, on a compris qu'on pouvait le faire à la fois 9:24 en leur permettant de faire des économies 9:27 et de réduire leur impact environnemental 9:29 tout en améliorant la souveraineté de la France. 9:32 Et je pense que c'est comme ça que finalement, 9:34 avec la maturité et l'âge, 9:37 on a élargi, je pense, notre spectre d'intervention. 9:40 Mais d'ailleurs, je pense que de manière générale, 9:43 les Français, ils ne sont pas cons. 9:46 Si jusqu'à présent, ils préféraient se chauffer au gaz 9:50 ou remplacer leur électroménager 9:54 par un autre appareil neuf, 9:55 ce n'est pas parce qu'ils apprécient particulièrement ça. 9:58 C'est parce que c'est beaucoup plus facile, ça marche bien. 10:01 Et donc, même dans la manière dont on a construit Murphy, 10:04 on n'a jamais voulu avoir de discours moralisateurs 10:07 vis-à-vis de nos clients. 10:09 D'ailleurs, on voit assez peu sur notre site Internet 10:12 des arguments du genre 10:14 « réduisez votre empreinte environnementale ». 10:16 En fait, ce n'est pas parce qu'on a un bon impact social 10:19 et environnemental qu'on doit se satisfaire de la médiocrité. 10:22 Je pense qu'on peut avoir un super service, 10:26 avoir une solution qui soit plus efficace pour les Français, 10:29 qui permette de répondre aux mêmes besoins essentiels, 10:31 d'avoir de l'électroménager qui fonctionne, 10:33 de pouvoir se chauffer l'hiver et se déplacer, 10:36 tout en ayant une empreinte environnementale 10:39 qui soit beaucoup plus chère. 10:40 Merci à Guy Pézacoup, président et cofondateur de Murphy. 10:43 Vous pouvez retrouver ce podcast sur notre site impact.info. 10:52 Sous-titrage Société Radio-Canada Intégrer cette interview sur votre site
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