Investir oui, investir mieux surtout. Krisztina Tora, la responsable du développement du GSG, explique comment et pourquoi la finance à impact est devenu plus qu’un phénomène de mode.
A l'occasion de la pause estivale, les équipes d'impact.info vous propose de (ré) écouter l'un de nos épisodes publié cette année. Il s'agit de la mise en lumière du témoignage de Krisztina Tora , la directrice en charge du développement au sein du GSG, le Global Steering Group crée en 2017 par Sir Ronald Cohen.
Bonne écoute !
Juliette Boulegon
Journaliste impact.info
Publié le 13 août 2024
Paroles Audio en Français· Transcription générée par IA
0:00 Bonjour, c'est Juliette, et bienvenue dans le podcast de celles et ceux qui veulent faire 0:08 bouger les lignes au sein de leur entreprise. L'investissement à Impact, c'est plus qu'une 0:13 mode. C'est un marché qui se structure en France, mais aussi dans le monde. Et notre invité, 0:18 Christina Thora, qui est la responsable du développement du GSG, le Global Steering Group, 0:23 qui est une organisation dédiée à cette nouvelle façon d'associer finances et performances sociales 0:28 et environnementales. Christina va donc prendre le temps de nous expliquer pourquoi est-ce qu'il y 0:33 a un tel engouement autour de l'Impact. Bonjour à tous, je m'appelle Christina, 0:38 je viens d'avoir 40 ans, je suis née à Budapest, donc je suis hongroise. Je suis arrivée en France 0:44 quand j'avais 3 ans. J'ai passé l'essentiel de ma carrière dans, on va dire, le secteur de 0:50 l'Impact. Et aujourd'hui, mon rôle, c'est d'aider des pays à se transformer en économie à Impact, 0:57 et je vous en dirai plus. Merci Christina pour cette présentation. Est-ce que pour commencer, 1:03 vous pouvez me raconter l'histoire du GSG ? Bien sûr. On est nés, on va dire, plus ou moins en 1:10 2013, quand la présidence du G7 était avec le Royaume-Uni. Et donc à ce moment-là, 1:17 David Cameron et notre président, qui s'appelle Ronad Cohen, ont lancé quelque chose qui s'appelle 1:26 la Social Impact Investment Task Force, donc un groupe de travail vraiment pour regarder 1:33 qu'est-ce que l'investissement Impact. Et en fait, chacun des pays du G7, plus l'Australie 1:40 en tant qu'observateur, ont créé ce qu'on appelle des comités consultatifs pour l'Impact. Et donc, 1:46 ils ont réuni, chaque pays a réuni des gens du gouvernement, des praticiens, des experts, 1:52 des investisseurs, pour regarder et définir ce qu'était l'investissement Impact pour chacun 1:58 de leurs pays et faire des recommandations pour développer cet investissement Impact 2:04 dans chacun de leurs pays. Donc ça, c'est vraiment l'histoire, la jeunesse de qui nous sommes. Et 2:10 donc aujourd'hui, on représente 41 pays, on vient d'en accueillir trois à nouveau, qui ont, 2:17 on va dire, formé ces comités consultatifs de faire en sorte qu'il y ait plus d'argent qui 2:23 aille vers des projets d'impact social et environnemental. Alors, je pense que là, 2:26 c'est important de définir ce qu'est précisément l'investissement Impact. 2:31 Alors, l'investissement Impact, c'est un investissement où il y a, on va dire, 2:36 premièrement, de l'intentionnalité, c'est-à-dire que vous voulez, dès le départ, 2:41 et vous avez une stratégie qui veut que l'investissement que vous fassiez crée un impact 2:48 positif social et ou environnemental à l'issue de l'investissement. La deuxième chose, c'est 2:54 une question d'additionnalité ou de contribution, c'est de s'assurer que ce que vous faites va 3:00 vraiment contribuer à créer cet impact social ou environnemental positif. Et la troisième chose, 3:06 c'est une histoire de mesures, d'évaluation, d'être sûr qu'en réalité, on part de quelque 3:14 chose qui est une baseline et du coup, on regarde si on a atteint les objectifs qu'on s'est fixés 3:20 en termes d'impact et sinon, qu'est-ce qu'on en apprend ? Qu'est-ce qu'on change dans les 3:24 processus d'investissement pour être sûr que la prochaine fois, ça soit le cas ? 3:28 Une autre dimension qui me paraît assez essentielle, c'est d'investir dans des projets, 3:34 des organisations qui clairement, à travers leurs missions, à travers leurs activités, 3:39 ont contribué à résoudre des problèmes sociaux et environnementaux. 3:44 Et alors, est-ce qu'il y a besoin d'un label ? Est-ce qu'il y a des réglementations ? Est-ce 3:49 qu'il y a un cahier des charges précis à suivre ? 3:51 Il y a différents types de réglementations, notamment les réglementations européennes 3:57 qui sont en place aujourd'hui. L'Europe est en train de faire une consultation d'ailleurs sur 4:02 les réglementations d'ici la fin décembre. Il y a aussi des certifications. Par exemple, 4:07 le PNUD est en train de développer une certification sur les investissements à impact. 4:12 Donc, il y a tout un tas de nouvelles méthodes pour créer de l'assurance ou de l'audit et ensuite 4:19 créer de l'assurance qu'en fait, on est bien sur des questions à impact, qu'on est en train de créer 4:26 un impact social et environnemental qu'on veut créer et qui est requis par la stratégie et 4:31 en fonction des sujets d'investissement. J'ai l'impression qu'on fait souvent ce 4:35 parallèle entre l'impact environnemental et social. Est-ce que vous pouvez nous expliquer 4:39 la différence entre ces deux investissements ? Oui, alors je ne sais pas si je vais expliquer 4:44 la différence, mais en tout cas, ce qui me paraît incroyablement important et qui n'est 4:48 ni compris ni appliqué aujourd'hui, c'est que beaucoup de la finance, on va dire durable, 4:53 va dans des thématiques liées au changement climatique. Et dans ce groupement-là, 4:59 essentiellement vers des énergies renouvelables. C'est bien. Néanmoins, c'est important de se 5:05 rappeler que tout investissement a un impact environnemental et un impact social, positif ou 5:11 négatif. C'est important de regarder tous les aspects. Donc, je vais vous donner un exemple 5:16 très précis. Il y a énormément de gens qui vont investir, par exemple, dans l'éolien. Il ne faut 5:22 pas oublier que, par exemple, les pales des éoliennes sont fabriquées essentiellement en 5:27 bois. Ce bois provient de forêts en Amazonie. Donc, ça veut dire qu'il y a des communautés qui 5:34 vivent en Amazonie qui sont des communautés autochtones, qui sont impactées par la 5:39 déforestation de leurs forêts et de leurs territoires, parce que nous, on a décidé que 5:45 c'était hyper important d'investir dans des éoliennes. C'est un exemple, on va dire, très 5:50 spécifique et très précis, mais qui montre en fait la dimension sociale des investissements verts. 5:57 Il faut toujours regarder les enjeux sociaux, quels que soient les types d'investissements qu'on fait. 6:02 Finalement, ça revient un peu à ma précédente question de cette idée de réglementation. 6:06 Vous regardez ça en amont, j'imagine, et avec précision ? 6:12 Alors, la question des réglementations, elle est extrêmement complexe et compliquée. C'est 6:18 des choses qui sont en cours de travail, en cours d'évolution, en cours d'élaboration. 6:23 Il y a énormément de gens qui planchent sur ces sujets. Avoir des réglementations, 6:27 c'est vraiment important. C'est vraiment la chose qui fait qu'on passe de des gens de bande-volonté 6:34 qui le font parce qu'ils ont envie, à tout le monde le fait parce que c'est obligatoire. 6:38 Donc, c'est important et c'est un élément de changement et de transformation extrêmement important. 6:43 Justement, je vais conclure cette interview avec cette question principale. Selon vous, 6:48 pourquoi est-ce qu'il y a un tel engouement pour la finance à impact ces dernières années ? 6:52 Je pense que ça veut dire que tout le travail qu'on a fait depuis 10 ans, depuis 20 ans, 6:58 est en train de porter ses fruits. Donc déjà, c'est une bonne nouvelle. Je pense que les gens 7:04 se rendent compte que la finance peut être un driver de changement positif. Ça peut être un 7:10 outil qui peut être utilisé pour faire changer les choses et qu'il faut vraiment utiliser toutes 7:17 nos compétences et nos efforts pour changer comment fonctionne la finance et faire en sorte 7:23 qu'il y ait beaucoup, beaucoup plus de capitaux qui aillent vers des projets qui nous apportent 7:28 les transformations dont on a besoin. Très bien, merci Christina. Est-ce qu'à 16 ans, 7:34 vous vous imaginez déjà travailler pour l'impact ? À 16 ans, j'avais ce rêve un peu fou d'être la 7:44 première secrétaire générale de l'ONU, femme. C'est un super rêve. Ça peut encore se réaliser 7:50 puisque je ne vous cache pas qu'il n'y a encore jamais eu de secrétaire générale femme de l'ONU, 7:56 donc on ne sait jamais. Finalement, ce rêve que j'avais n'est pas si éloigné de ce que je fais 8:02 aujourd'hui dans la mesure où je travaille avec 70 pays. Et dans chacun des pays, je travaille 8:06 avec des gens absolument incroyables, des leaders formidables du monde de la finance, des entreprises, 8:13 des ONG qui, chacun à leur manière et chacun dans leur pays et pour leur pays, ont envie de 8:20 faire changer les choses. Et c'est ça en fait qui, chaque jour, me donne envie de me lever le matin. 8:26 Merci à Christina qui est, je le rappelle, la responsable du GSG. Et cette interview, 8:33 eh bien vous pourrez la retrouver dans notre rubrique Entrepreneuriat qui regroupe tous 8:37 les épisodes sur les enjeux rencontrés par les dirigeants et dirigeantes qui veulent 8:41 entreprendre autrement. C'était impact.info, entreprendre autrement. Intégrer cette interview sur votre site
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